Crash, meurtre, pollution : on teste les secours
Un exercice grandeur nature hier à Nivelles pour tester l'efficacité du plan d'urgence provincial. Tous les services concernés étaient mobilisés.
Mercred i, 13 h 13. Scène de drame sur le contournement Nord de Nivelles, à hauteur du pont supportant l'autoroute E19. Un bus scolaire a quitté la route pour heurter la base du pont. Plusieurs voitures ainsi qu'une camionnette sont également impliquées dans le crash. On dénombre des dizaines de blessés, dont une personne grièvement brûlée.
Le décor est planté. L'exercice peut débuter. Car toute la scène décrite un peu plus haut constitue le point de départ d'une grande évaluation du plan d'urgence et d'intervention provincial.
«Ce type d'exercice se déroule en moyenne une fois par an, explique le commissaire Jean-François Gosselin. Nous y sommes très attentifs, particulièrement depuis la catastrophe de Ghislenghien. Il est important de s'assurer que tout est bien huilé. Si tous les services sont efficaces indépendamment les uns des autres, nous voulons observer leur complémentarité sur le terrain. L'exercice a aussi pour objectif d'évaluer l'efficacité des centres de crise communal et provincial.»
Services d'incendie, police locale et fédérale, médecins urgentistes, Défense, coordinateurs psychosociaux, protection civile, etc. Tous les services directement concernés par ce type d'intervention devaient être impliqués. Pour s'en assurer, les concepteurs de l'exercice ont planché, durant six semaines, sur un scénario complètement fou.
«Au moment où l'accident se produit, le pays fait l'objet de très fortes intempéries et Nivelles est frappé par une mini-tornade, poursuit Jean-François Gosselin. Ce phénomène va entraîner la rupture de la cabine à haute tension qui alimente la caserne des pompiers et priver tout le quartier de l'hôpital de Nivelles d'eau potable.»
De quoi sérieusement compliquer la tâche des services de secours, mais aussi du personnel soignant.
Et ce n'est pas tout.
Sur les lieux du crash, la situation a elle aussi pris une orientation complètement inattendue. Peu après leur arrivée sur les lieux, les pompiers constatent que le chauffeur du bus a été abattu d'une balle dans la tête. Quant à la camionnette, elle abritait trois réfugiés clandestins ne parlant pas un mot de français... et des fûts toxiques dont un est en train de répandre son contenu dans une bouche d'égouts. Et on en passe.
«Tout a été mis en oeuvre pour tester les réactions de nos hommes dans des situations extrêmes pour cerner les bonnes décisions à prendre dans l'urgence.»
Une centaine de personnes environ était mobilisée pour jouer tantôt les blessés et les témoins, tantôt les badauds, les proches et les journalistes. L'exercice s'est achevé vers 17 h.